ERP sur mesure ou progiciel d’éditeur ?
La question n'est plus « lequel est le moins cher à l'achat » mais « lequel coûte le moins à rester ». Sur n = 211 marchés publics ERP relevés le 13 septembre 2026, 69 % sont des marchés récurrents, et 58 % de ces marchés récurrents n'ont reçu qu'une offre.
Pourquoi la question se pose autrement en 2026
Trois forces se croisent. Le coût de production du code baisse — assistants de programmation, composants ouverts, générateurs — et rend le développement spécifique accessible à des organisations qui n'y songeaient pas. Le coût des licences, lui, ne baisse pas : abonnement par utilisateur, indexation annuelle, modules facturés à part. Et l'éditeur tient l'agenda : fin de support datée, montée de version obligatoire, audit de conformité des licences. Le choix ne se fait plus entre deux prix d'achat, mais entre deux trajectoires de coût.
Ce que le corpus mesure
Sur n = 211 marchés publics qualifiés (relevé le 13 septembre 2026), la médiane d'un marché ERP est de 234 564 €, et son coût médian par mois de contrat de 7 667 €. Par nature de marché :
| Nature | Effectif | Médiane |
|---|---|---|
| Création (acquisition, mise en œuvre) | n = 23 | 213 675 € |
| Maintenance, TMA, hébergement | n = 123 | 300 010 € |
| Licences et abonnements | n = 22 | 315 000 € |
Dans ce corpus, 145 marchés sur 211 (69 %) sont des marchés récurrents — licences ou maintenance. Parmi eux, 58 % ont été attribués sur une seule offre reçue — la mesure de la captivité. C'est ce récurrent, pas le prix d'achat, qui départage les deux options.
La grille de décision
Six critères, à lire ensemble. Aucun ne tranche seul ; trois réponses « plutôt sur mesure » ou plus justifient au minimum de chiffrer les deux options avant de signer.
| Critère | Plutôt éditeur | Plutôt sur mesure |
|---|---|---|
| Part de vos processus couverts en standard par le progiciel | Plus de 80 % : le paramétrage suffit, le spécifique reste marginal. | Moins de 60 % : le spécifique devient le projet, et l’éditeur le facture en plus des licences. |
| Nombre d’utilisateurs facturés | Quelques dizaines : l’abonnement par utilisateur reste contenu. | Plusieurs centaines : le récurrent par siège dépasse vite le coût d’un développement amorti. |
| Dépendance à l’agenda de l’éditeur | Vous acceptez la montée de version imposée et la fin de support datée. | Vous voulez décider vous-même du calendrier de vos évolutions. |
| Contrainte réglementaire forte (paie, comptabilité publique) | L’éditeur porte la veille réglementaire, c’est sa valeur réelle. | Le périmètre réglementaire reste chez un éditeur ; le sur mesure couvre le métier. |
| Réversibilité et propriété du code | Les données vous appartiennent, le code non : la sortie se négocie. | Code et données vous appartiennent ; la sortie est une clause, pas une négociation. |
| Capacité à faire évoluer l’outil en interne | Aucune équipe technique : le paramétrage éditeur est la seule voie. | Une équipe, même réduite, outillée par des assistants de programmation. |
Ce que le sur mesure coûte : ce que nous ne mesurons pas encore
Un marché public « ERP » est presque toujours un progiciel paramétré. Les marchés de développement spécifique existent dans les données essentielles de la commande publique, mais leur lexique est trop pauvre pour les isoler à périmètre fonctionnel comparable : le prix d'un ERP sur mesure reste donc non mesuré — vague 2. Nous préférons ce marqueur à une estimation non sourcée. La vague 2 de l'observatoire construira cette comparaison ; d'ici là, le seul chiffre honnête est celui du récurrent que le sur mesure fait disparaître : 69 % du corpus.
Les questions que l’on nous pose
Combien coûte un ERP sur mesure ?
Le corpus ne l'isole pas encore : non mesuré — vague 2. Ce qu'il mesure, c'est le prix d'un marché ERP dans la commande publique — médiane 234 564 € sur n = 211, relevé le 13 septembre 2026 — et le poids du récurrent qui suit l'achat d'un progiciel.
Un ERP sur mesure est-il plus cher qu’un progiciel d’éditeur ?
À l'achat, souvent ; sur la durée, la question est celle du récurrent. Dans ce corpus, 145 marchés sur 211 (69 %) sont des marchés récurrents — licences ou maintenance, et la médiane de la maintenance (300 010 €) se compare à celle des marchés de création (213 675 €).
Quand faut-il rester chez un éditeur ?
Quand le standard couvre l'essentiel des processus et que la contrainte réglementaire domine (paie, comptabilité publique) : la veille réglementaire est la valeur réelle d'un éditeur, et un développement spécifique ne la remplace pas.
Que change l’intelligence artificielle au coût du sur mesure ?
Elle baisse le coût de production du code, pas celui des licences. Ce point n'est pas encore mesuré par ce corpus (non mesuré — vague 2) ; ce qui l'est, c'est que 58 % des marchés récurrents sont attribués sur une seule offre — le prix de rester client, lui, ne baisse pas.
Comment éviter la captivité, quel que soit le choix ?
Par contrat : prix des licences séparé de la mise en œuvre, clause de réversibilité avec export complet des données, propriété du code spécifique, et remise en concurrence de la maintenance à échéance. Le modèle de cahier des charges détaille chaque clause.